
Notre association d’alumni est un lieu pour se retrouver, échanger et faire vivre un héritage commun. Nous nous adressons à celles et ceux qui souhaitent garder un lien, partager des parcours, et s’inscrire dans un réseau fondé sur la transmission, l’engagement et la continuité des relations au fil des générations.
Fondée le 1er juin 1880, l’Association regroupe l’ensemble des Anciens Élèves de Tivoli.
Ses missions principales :
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Saint François Xavier
1506–1552 — « Apôtre des Indes et du Japon », missionnaire jésuite
Né Francisco de Jasso y Azpilicueta le 7 avril 1506 au château de Javier, en Navarre, et mort le 3 décembre 1552 sur l’île de Sancian, au large des côtes chinoises, saint François Xavier est l’une des figures les plus extraordinaires de l’histoire missionnaire. Compagnon de saint Ignace de Loyola et cofondateur de la Compagnie de Jésus, il a parcouru en une décennie — de 1542 à 1552 — des distances considérables, des côtes de l’Inde aux îles Moluques et jusqu’au Japon, annonçant l’Évangile à des dizaines de milliers de personnes. Béatifié en 1619 puis canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV, en même temps qu’Ignace de Loyola, il est vénéré comme patron des missions, aux côtés de sainte Thérèse de Lisieux.
Saint François Xavier, gravure au burin anonyme d’après Pierre Paul Rubens et Schelte Adamsz Bolswert, première moitié du XVIIe siècle. L’estampe mentionne la mort du saint en 1552 et sa canonisation par Grégoire XV le 12 mars 1622. Domaine public — The Metropolitan Museum of Art, New York.
François naît dans une famille de la haute noblesse navarraise mais ruinée : son père, Jean de Jasso, est président du conseil royal de Navarre. En 1512, la Castille envahit le royaume de Navarre; les forteresses, dont celle de Javier, sont démantelées et les terres confisquées. Le père de François meurt de chagrin en 1515. Le jeune garçon grandit dans le château familial, où il mène vers quinze ans une vie solitaire et monotone, dans l’attente du retour de ses deux frères aînés engagés dans les tentatives de libération de la Navarre.
Dès l’adolescence, François quitte sa Navarre natale pour poursuivre ses études à l’université de Paris, alors capitale intellectuelle de la chrétienté. Il s’installe au collège Sainte-Barbe, où il partage sa chambre avec un Savoyard, Pierre Favre, et avec un étudiant « âgé » de quarante ans, un ancien officier basque blessé au siège de Pampelune en 1521 : Inigo de Loyola, le futur saint Ignace.
François conquiert brillamment ses grades : reçu à la licence ès arts en 1530, il obtient une chaire de régent au collège de Beauvais et choisit la carrière ecclésiastique. Ambitieux et attaché à son indépendance, il se montre d’abord rétif à l’influence de son compagnon de chambre, venu à Paris pour y rassembler des âmes. Ignace dira plus tard que François avait été « la plus rude pâte qu’il ait maniée ». Patiemment, par l’amitié et par la lecture des Évangiles, Ignace gagne néanmoins le jeune universitaire à l’ardeur évangélique.
Le 15 août 1534, en la chapelle de Saint-Denis, à Montmartre, François, Ignace, Pierre Favre et quatre autres compagnons prononcent ensemble des vœux de pauvreté, de célibat et de èlerinage à Jérusalem, promettant de se mettre à la disposition du pape si la Terre sainte demeurait inaccessible. Ordonné prêtre à Venise le 24 juin 1537, aux côtés d’Ignace, François prêche et catéchise ensuite à Bologne puis à Rome, où il devient le secrétaire du groupe naissant.
À Rome, en 1539, les compagnons scellent leur amitié par un vœu d’obéissance « à l’un d’entre eux », acte de naissance d’un ordre religieux nouveau. Le 24 septembre 1540, le pape Paul III signe la bulle Regimini militantis Ecclesiae, qui établit la Compagnie de Jésus dans l’Église. Sur ces entrefaites, le roi Jean III de Portugal, soucieux d’évangéliser les Indes orientales sous contrôle portugais, demande des missionnaires. François, désigné pour remplacer un compagnon tombé malade, part pour Lisbonne avec l’ambassadeur du Portugal. Lorsqu’il apprend que le pape demande des ouvriers pour la mission des Indes, il répond simplement : « Eh bien, me voici ! ».
Le 7 avril 1541, jour de son trente-cinquième anniversaire, François embarque à Lisbonne sur le Santiago, en compagnie du nouveau vice-roi des Indes, Martin de Sousa. Après un long voyage, il débarque à Goa, capitale de l’empire colonial portugais d’Asie, où il arrive en tant que nonce apostolique, avec pleins pouvoirs sur les fidèles et les infidèles des territoires portugais. Refusant le confort du palais épiscopal, il loge à l’hôpital, prêche, confesse, visite les lépreux et s’occupe du collège Saint-Paul, première école de formation des prêtres indigènes.
En septembre 1542, François quitte Goa pour la côte des Paravas, au sud de l’Inde : environ trente mille pêcheurs de perles répartis dans une trentaine de villages, récemment devenus chrétiens mais sans prêtres. Ne connaissant pas le tamoul, il met au point une méthode missionnaire fondée sur la traduction des prières et des vérités essentielles de la foi par des interprètes bilingues. Pendant deux ans, il sillonne le pays, soutient une communauté persécutée et réduite en esclavage, intervenant auprès des chefs, payant des rançons et organisant le ravitaillement des réfugiés.
Au Travancore, qu’un rajah lui ouvre, il parcourt le pays en un mois et écrit avoir baptisé « plus de dix mille » personnes. François s’emploie aussi à réformer les mœurs de la communauté portugaise elle-même, à Malacca comme à Goa, s’occupant des pauvres, des malades et des prisonniers. De 1546 à 1547, il entreprend une véritable croisade maritime à travers la mer des pirates : Amboine, Ternate, l’île du More — autant d’escales des Moluques où il fonde des communautés, forme des catéchistes indigènes et rédige une somme de doctrine chrétienne inspirée des Exercices spirituels d’Ignace, le seul livre qu’il ait jamais écrit.
En décembre 1547, à Malacca, un Japonais d’une quarantaine d’années, Anjiro — noble, peut-être samouraï, parti de Kagoshima pour chercher un maître spirituel — entre dans la vie de François. Baptisé à Goa le 20 mai 1548 sous le nom de Paul de la Sainte-Foy, il devient son guide et son interprète. Le 24 juin 1549, François embarque pour le Japon sur une jonque chinoise, avec le père Cosme de Torrès et le frère Jean Fernandez ; il débarque à Kagoshima le 15 août 1549.
Premier missionnaire chrétien du Japon, François y demeure d’août 1549 à l’automne 1551. À Yamaguchi, sa première tentative de prédication en rue est un échec total ; parti vers Miyako (l’actuel Kyoto), il y est désillusionné par le pouvoir réel du « roi du Japon ». Mais en mars 1551, revenu à Yamaguchi, il se présente au daïmyo en habit d’ambassadeur du pape, porteur de cadeaux — une horloge, deux paires de lunettes, un mousquet à trois canons et un tonnelet de vin de Porto. Recevant enfin l’autorisation de prêcher, il y obtient plus de cinq cents conversions avant de quitter la ville en septembre 1551. Il quitte le Japon ravi : « Ce peuple est le meilleur que nous ayons rencontré », écrit-il, persuadé que le Japon sera le chemin de la Chine.
De retour à Malacca en décembre 1551, François apprend qu’Ignace l’a nommé provincial « de l’Est », responsable de toutes les missions de la Compagnie du cap Comorin au Japon. Un seul désir désormais le habite : atteindre la Chine, « verrou » de l’Asie orientale, interdite aux étrangers. Le 17 avril 1552, il quitte Goa sur le Santa Cruz comme nonce de Chine et atteint début septembre l’île de Sancian (aujourd’hui Shangchuan), à une dizaine de kilomètres seulement des côtes chinoises.
Durant des semaines, François tente d’obtenir l’aide d’un passeur pour entrer clandestinement en Chine ; les promesses se succèdent puis s’évanouissent. Le 21 novembre 1552, après avoir célébré sa dernière messe, il tombe malade, frappé de fièvre. Transporté à terre, mourant, il répète sans cesse : « Jésus, Fils de David, ayez pitié de moi. » Il meurt le 3 décembre 1552, à l’âge de quarante-six ans, aux portes du pays qu’il rêvait d’évangéliser.
Sa dépouille, retrouvée intacte, est ensevelie à Malacca en mars 1553, puis transportée solennellement à Goa, où elle repose depuis dans la basilique du Bon Jésus. Son bras droit, détaché en 1614 et envoyé à Rome, est vénéré à l’église du Gesù, maison mère de la Compagnie de Jésus.
Béatifié par Paul V en 1619, François Xavier est canonisé par Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps qu’Ignace de Loyola, Thérèse d’Avila, Philippe Néri et Isidore le Laboureur. Sa fête est fixée au 3 décembre, jour anniversaire de sa mort. Le 14 décembre 1927, Pie XI a proclamé sainte Thérèse de Lisieux patronne des missions à l’égal de François Xavier ; celui-ci est aussi le patron de la Navarre et de nombreuses institutions d’éducation à travers le monde.
Surnommé « Apôtre des Indes » et « Apôtre du Japon », François Xavier a accompli, en dix années seulement de missions, une œuvre d’une ampleur stupéfiante. Le pape François le présentait en 2023 comme un modèle de « zèle apostolique » : un homme habité par la joie d’annoncer l’Évangile « aux périphéries » de son temps, jusqu’à épuiser sa vie sur une plage, face à la Chine.
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