Sortie au Cinéma en cours d’espagnol avec les 1ère S1

Par St Joseph de Tivoli, le 11 juin 2019

        Le mardi 4 juin, les 1ereS1 nous sommes rendus au cinéma pour visionner le film documentaire Le Silence des autres.

Réalisé par R.Bahar et A.Carracedo, également scénaristes avec R.Acosta et K.Roberts, ce film sorti au début de 2019 appelle à réveiller les consciences face aux horreurs du passé et met en avant le combat pour la justice de plusieurs rescapés du franquisme.

Plutôt que de montrer les actes commis sous le régime franquiste, ce documentaire expose comme ils sont présents dans les vies de leurs victimes encore aujourd’hui et comment elles se battent pour rétablir la justice et faire connaître la vérité, malgré « la Ley de Amnistia » toujours en vigueur. Celle-ci, aussi connue sous le nom de Pacte de l’oubli », est votée en 1977, apportant l’amnistie de tous les événements s’étant déroulés durant le franquisme. Ainsi malgré la fin du régime de Franco aucun procès n’a été mené pour punir les crimes commis sous lui, et aucun tort de cette époque n’a été réparé par la loi.

Les protagonistes du documentaire demandent tous justice, quel que soit le mal qui leur a été fait, à eux ou à leur famille. Ils sont obligés d’opérer en Argentine en raison du gouvernement espagnol qui les empêche de mener leur lutte en Espagne. Les principales personnes apparaissant sont :

  • Un homme ayant été torturé par le surnommé Billy el Niño, qui demande son arrestation pour les crimes qu’il a commis, et au-delà de tous ceux qui sont coupables d’atrocités semblables.
  • María Martín, dont la mère a été humiliée, battue et tuée 80 ans auparavant, et dont elle n’a pas pu récupérer les ossements enfouis dans une fosse commune. C’est pour le droit de l’enterrer qu’elle milite, mais malheureusement elle meurt avant d’avoir vu son rêve accompli.
  • Ascensión voulait de même récupérer le corps de son père enterré dans une fosse commune. Cela se réalisa il y a peu de temps au bonheur de la vieille dame, dont les réactions ont déclenché une vague d’émotion dans la salle de cinéma.
  • Une autre femme occupait une place importante dans le documentaire, représentant le cas des « bebés robados ». Son bébé lui a été volé à la naissance, comme des dizaines de milliers d’enfants à cette époque, et elle n’a jamais pu le revoir. La femme milite pour la réparation de ces dégats causés à de si nombreuses familles.

Tous ensemble ont lancé une vague de révolte parmi les victimes du franquiste qui ne peuvent pas obtenir justice à cause de «  la Ley de Amnistia ». Ils sont soutenus par un nombre toujours croissant d’individus, de l’ordre de plusieurs centaines de nos jours, appelés à témoigner. Maria Servini, juge , travaille sur le point législatif de la révolte et la mène depuis l’Argentine où elle réclame notamment l’arrestation des criminels accusés.

Le documentaire décrit des actions très récentes et la lutte pour la mémoire contre l’oubli de tout un pan de l’histoire de l’Espagne, dont la transmission des souvenirs est empêchée par le pacte de l’oubli. Il montre une lutte prenant de plus en plus d’ampleur malgré les pressions exercées par l’état espagnol pour la faire cesser, et qui montre des résultats déjà encourageants.

Nous avons assisté à un témoignage poignant des conséquences du franquisme sur la vie des citoyens encore aujourd’hui, en face duquel beaucoup d’entre nous n’ont pas pu retenir leurs larmes.

Morgane L, 1S1