Le roman des anciens : Christophe Pradère

Par St Joseph de Tivoli, le 04 juin 2019

Après des études internationales en marketing entre Paris, Berkeley, Tokyo et Pékin et une formation de design à la Domus Academy de Milan, Christophe Pradère est aujourd’hui à la tête d’une agence de design qui collabore avec les plus grandes marques françaises dans les univers de l’industrie, de la banque, du retail et du luxe. Son agence d’une quarantaine de personnes est spécialisée dans des approches de design global et de management de marque, à la fois sur les marchés des industries créatives et celles du luxe, tout en gardant un ancrage dans les nouvelles technologies.

Parallèlement aux activités de développement de son agence, il intervient dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur comme Parsons School, l’Essec ou le Skema…

Ancien élève de Tivoli dans les années 80, il nous fait partager ce qu’il a reçu de « son » établissement dont il parle souvent avec beaucoup d’émotion et de reconnaissance. Et un grand respect pour ceux qu’il appelle ses « maîtres ». Ses propos sont un témoignage vivant et concret du Projet ignatien dont on découvre souvent les principes et vertus à l’âge adulte.

« Je suis arrivé en 1980 à Tivoli, je ne disais pas encore Saint Joseph, huit années d’enfant de cœur m’avait construit un esprit quelque peu impertinent à l’endroit des saintetés !

La porterie s’ouvrait à moi un jour de septembre, il faisait beau, la lumière était intense, les murs blancs d’un bâtiment étaient éclatants et mon émotion à son plus haut point, je changeais d’école et devenait dans le même temps pensionnaire !

Être à Tivoli a été pour moi une révélation, l’allumage d’une lumière intérieure qui ne m’a plus quitté ».

« Je suis arrivé en 1980 à Tivoli, je ne disais pas encore Saint Joseph, huit années d’enfant de cœur m’avait construit un esprit quelque peu impertinent à l’endroit des saintetés ! La porterie s’ouvrait à moi un jour de septembre, il faisait beau, la lumière était intense, les murs blancs du bâtiment étaient éclatants et mon émotion à son plus haut point, je changeais d’école et devenait dans le même temps pensionnaire ! La porterie avait quelque chose de Noble de cossu auquel je n’étais pas habité ayant grandi dans une maison d’architecte, radicale de modernité.

J’étais à la fois impressionné et en même temps un peu distant comme en villégiature. En fait sans le savoir j’entamais le premier jour d’une vie nouvelle.

Être à Tivoli a été pour moi une révélation, l’allumage d’une lumière intérieure qui ne m’a plus quitté, tant par ses croyances, ses valeurs, ses actions, et l’engagement des hommes et des femmes qui faisaient l’école, de vraies « personnes » avec leurs passions, leurs doutes, leurs fragilités, leurs histoires.

Tivoli insufflait l’idée que le champ des possibles était bien plus large que ce qui nous apparaît au premier regard. J’appris qu’une vraie ambition est fondamentale et donne plus de devoir que de droits. Que recevoir est plus généreux que donner. Que seuls nous sommes responsables de nos actes, et que nous devons agir dans l’idée collective du progrès. Que le monde est vaste et si proche en tout point du globe, de Bordeaux à Tananarive.

Rentrant au pensionnat pour la première fois, j’apprenais aussi à vivre en société, à découvrir l’idée du rapport au groupe, à ses codes et ses conventions. Je découvrais l’autorité des surveillants et même de l’école sur ma vie comme je ne l’avais jamais vécu chez moi, élevé dans une famille libérale.

L’école était construite sur un principe simple à mes yeux d’enfant de 14 ans, le cosmopolitisme. Il y avait là des camarades de tous horizons sociaux et culturels et chacun avait sa place.

Il y avait aussi à l’école toute les passions, le cinéma, la régie télévisuelle, le journalisme, le modélisme, la culture physique ; toutes sortes de pratiques et d’activités étaient possibles.

Tivoli m’a ainsi appris que la vie est faite de règles mais plus encore de principes, de devoirs mais aussi de rêves, d’obéissance mais aussi d’espérance.

Tivoli a été une ouverture au monde, sur le monde et j’en profite chaque jour et essaie de partager autour de moi « ce bien précieux » ».